Virtualisation domestique – Tutoriel Proxmox (Suite) – Partie 6

Jeudi, 17 Mai 2018 06:00 Okimi
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Nous avons vu en détail dans la précédente partie comment installer Proxmox VE 5.1. Nous allons maintenant découvrir son interface de gestion et effectuer quelques réglages de base.

 

L'interface

Contrairement à d'autres hyperviseurs comme vSphere Hypervisor (ESXI) ou XenServer qui ont besoin d'un logiciel installé sur un PC pour gérer les VM, Proxmox dispose d'une interface Web intégrée, accessible depuis n'importe quel navigateur Internet et n'importe quel support (PC, Tablette Smartphone).

Elle est disponible à l'adresse : https://adresse_IP_de _votre_serveur:8006

Une fois connecté et passé le message d'alerte du certificat de sécurité non signé, une petite fenêtre d'authentification va s'afficher.

Commencez par renseigner la langue puis le nom d'utilisateur (root pour la première connexion) et le mot de passe que vous avez choisi au moment de l'installation.

Après l'authentification, un message va apparaître sur l'écran :


Pas de panique, c'est normal. Proxmox VE est une solution de virtualisation professionnelle libre mais complète et puissante. Elle est fréquemment déployée en entreprise et capable de gérer un gros parc de serveurs. Il est possible (mais pas obligatoire) de souscrire un abonnement au support technique pour bénéficier d'une aide rapide pour l'installation, la gestion et les problèmes éventuels. (plus d'infos ici : https://www.proxmox.com/en/proxmox-ve/support).

L'abonnement donne également accès aux dépôts "Entreprise" de Proxmox qui permettent d'installer les paquets stables et les dernières mises à jour de sécurité de Linux Debian et Proxmox VE.

Mais revenons à notre interface. Après validation du message de la clé d'enregistrement, nous arrivons sur la page d'accueil :


Proxmox fraichement installé sur une carte mère Jetway NF9A, chipset Q67 et CPU Pentium G2030


Dans la colonne de gauche vous trouvez la liste des serveurs Proxmox, appelés aussi nœuds ou nodes, rattachés à un Datacenter (groupe de serveurs) ainsi que les différents espaces de stockage. Bien sur à notre niveau "domestique", cette arborescence va être restreinte.

Dans la partie de droite, vous avez accès aux informations et paramètres du Datacenter, du nœud, des espaces de stockage et des machines virtuelles ou containers. Vous trouverez le détail des différents menus ici : https://pve.proxmox.com/wiki/Graphical_User_Interface


Interface Proxmox de mon petit serveur personnel ASRock Q1900-ITX

 

Paramétrage

Brut d'installation, Proxmox est déjà utilisable. Mais nous allons quand même modifier quelques paramètres pour le bon fonctionnement ultérieur de la machine. Proxmox VE 5.1 tourne sur une base de Debian 9 Stretch. Pour le paramétrage, il va donc falloir taper quelques lignes de commandes Linux mais je vous rassure, rien de bien compliqué.

Pour cela 2 possibilités : Soit utiliser la fonction Shell intégrée à l'interface de Proxmox (située sous l'onglet Résumé du nœud), soit utiliser un logiciel d'accès client SSH comme Putty (sous Windows). Avec le Shell Proxmox vous devrez retaper toutes les commandes que je vais vous indiquer car il ne permet pas (à ma connaissance) de faire du copier/coller. Je préfère généralement travailler avec Putty  (https://putty.org).

Comme je suis sur que vous êtes impatient de créer votre première machine virtuelle, je ne vais vous indiquer dans cette partie que les réglages de base et je reviendrai plus tard sur la façon d'améliorer la sécurité du serveur.

0- Mini tutoriel Putty :

Téléchargez le logiciel Putty à cette adresse et installez-le : https://www.chiark.greenend.org.uk/~sgtatham/putty/latest.html

Une fois Putty ouvert, tapez l'adresse IP de votre serveur Proxmox, entrez un nom dans la partie Saved Sessions (ça vous resservira), cliquez sur Save puis sur le bouton Open en bas de la fenêtre.


A la première connexion une fenêtre d'avertissement de sécurité va apparaitre. Si vous utilisez Putty depuis votre ordinateur personnel, cliquez sur Yes pour enregistrer la signature du serveur dans la base de registre de Windows. Sinon, il est préférable de cliquer sur No.

1- Changer les sources et mettre à jour Proxmox :

Par défaut Proxmox est configuré avec les dépôts "Entreprise". Pour permettre de le mettre à jour sans avoir souscrit un abonnement, il faut modifier la liste des dépôts.
Une fois connecté en SSH, ouvrez le fichier sources.list avec l'éditeur nano en tapant :

nano /etc/apt/sources.list

Vous devez obtenir ceci :


Ajoutez ensuite ces lignes (celles commençant par # ne sont pas indispensables) :

# PVE pve-no-subscription repository provided by proxmox.com,
# NOT recommended for production use
deb http://download.proxmox.com/debian/pve stretch pve-no-subscription


pour finalement obtenir ceci :


Tapez ensuite simultanément sur les touches CTRL et O de votre clavier puis Entrée pour enregistrer les modifications puis CTRL et X pour quitter.

Puis supprimez la référence à l'ancien dépôt "Entreprise" en tapant :

rm /etc/apt/sources.list.d/pve-enterprise.list


Lancez ensuite une mise à jour de Proxmox et de Debian 9 en tapant :

apt-get update && apt-get dist-upgrade


Par la suite, vous pourrez faire les mises à jour de Proxmox via l'interface graphique en allant dans le menu Mises à jour du Nœud.


2- Ajouter un espace de stockage supplémentaire

Une fois que vous aurez créé quelques machines virtuelles ou containeurs, vous allez vouloir les sauvegarder. Oui mais voilà, vous n'aviez qu'un disque de petite capacité pour l'installation de Proxmox et je vous ai conseillé précédemment de limiter la partition root qui peut servir aux Snapshots au bénéfice de la partition LVM-Thin qui sert à stocker les VM. Vous allez donc devoir ajouter un espace de stockage pour les sauvegardes sur un autre emplacement, de préférence externe au serveur Proxmox.

Je vais vous montrer comment faire sur un NAS Synology. Commencez par vérifier dans le panneau de configuration que le service de fichiers NFS est activé :


Ensuite allez dans Dossier Partagé et créez un nouveau dossier :


Une fois validé, renseignez les Permissions puis allez dans l'onglet Autorisations NFS :


Tapez l'adresse IP de Proxmox et cochez la case Permettre l'accès aux sous-dossiers montés. Validez et notez le chemin du dossier partagé qui s'affiche en bas à gauche.

Dans l'interface graphique de Proxmox, allez sur Datacenter puis Stockage et ajoutez un nouveau partage NFS :

Donnez un nom à ce nouvel espace de stockage, renseignez l'adresse IP de votre NAS et le chemin du dossier partagé puis sélectionnez le type de contenu autorisé et enfin le nombre maximum de versions de sauvegardes qui seront stockées pour chaque machine virtuelle.

Votre serveur Proxmox dispose maintenant d'un espace de stockage sur votre NAS. Vous pourrez y sauvegarder vos machines virtuelles mais également y stocker les images disques des VM et conteneurs si vous manquez d'espace sur local-lvm et les images ISO et Templates d'installation.

Mais je sais ce que vous allez me dire : si je n'ai pas de NAS, je fais comment pour les sauvegardes ?

Bon d'accord, je vous avais promis une solution de virtualisation relativement économique. Je vais donc vous expliquer comment rattacher une clé USB ou un disque dur. Et pour vous prouver que l'on n'est pas obligé de dépenser une fortune pour ajouter un espace de stockage dans Proxmox, j'ai ressorti du fond d'un tiroir, un vieux disque IDE Maxtor 160 Go que j'ai couplé à un adaptateur Parallel ATA vers Serial ATA (environ 2€ en import).

L'inconvénient du système, c'est la consommation électrique. On est très loin des 0.8W du SSD de mon serveur. Mais ça dépanne.

Donc une fois le disque installé et le serveur redémarré, il va falloir passer en ligne de commande (avec Putty par exemple) pour partitionner le disque, le formater et le rendre accessible par Proxmox. Mais avant ça, il faut connaitre le nom que Linux a donné à votre disque au démarrage. Dans l'interface de Proxmox, rendez-vous dans l'onglet Disques du nœud et repérez le nouveau disque (/dev/sdc chez moi).

Puis connectez vous en SSH sur le compte root et tapez cfdisk suivi du nom de votre disque (/dev/sdc pour mon Maxtor 160 Go). Vous arrivez sur une interface comme celle-ci qui va vous indiquer le partitionnement actuel du disque.

Mon disque a visiblement servi de disque principal à Windows XP (partition principale NTFS de 23 Go). Bien entendu, votre disque (ou clé USB) ne sera pas partitionné de la même manière et sera peut-être vierge (ligne Free space uniquement). Je vais commencer par supprimer toutes les partitions du disque à l'aide de la commande Delete puis je vais appliquer les changements avec la commande Write (yes pour confirmer). Je me retrouve avec un disque vierge et 152.7 Go d'espace libre.

A ce stade, mon disque doit ressembler à votre disque vierge (ou vice et versa). Créons  maintenant une nouvelle partition (bouton New) qui occupera la totalité du disque. Validez l'espace proposé par défaut (la capacité libre totale) et appliquez les changements avec Write. Chez moi, ça donne ceci :

Notez le nom de la partition (/dev/sdc1 dans mon cas) et quittez cfdisk. Il faut ensuite formater cette nouvelle partition en lui appliquant un système de fichier. Par défaut cfdisk a appliqué un type Linux à la partition, c'est-à-dire qu'elle est prête à accueillir un système de fichier Linux comme ext4. Cela tombe bien, c'est celui que je comptais utiliser. C'est le plus répandu et le disque sera facile à relire sur n'importe quelle distribution Linux.

Pour formater, tapez mkfs.ext4 suivi du nom de votre partition (/dev/sdc1 chez moi) :


Une fois la partition formatée, il faut la rendre accessible, c'est-à-dire la monter. Pour cela on crée un nouveau répertoire dans /mnt :

mkdir /mnt/IDE160Go (mkdir  nom_du_répertoire)

Puis on monte la partition dans le nouveau répertoire :

mount /dev/sdc1 /mnt/IDE160Go (mount  nom_de_la_partition  nom_du_répertoire)

Ensuite on retourne dans l'interface de Proxmox et on ouvre l'onglet Stockage du Datacenter pour ajouter un nouveau … répertoire.


Donnez un nom à votre nouvel espace de stockage, puis indiquez le répertoire de montage et renseignez le contenu autorisé (mon disque IDE étant âgé et pas particulièrement véloce, je ne compte pas y stocker d'images disques VM ou de conteneurs). Cochez ensuite la case Partagé et définissez un nombre de sauvegardes maximum pour chaque machine virtuelle.

Voilà, c'est terminé pour la partie stockage !



3- Ajouter une 2ème interface réseau

Lors de son installation, Proxmox configure automatiquement la première interface réseau avec un accès Pont (Bridge), mais pas les interfaces réseau supplémentaires car il y a de nombreuses possibilités de paramétrage. Vous pouvez par exemple créer 2 accès par pont distincts (Linux Bridge) ou les regrouper pour avoir une interface de secours (Linux Bond) ou, si vous avez un switch compatible, doubler la bande passante (Bond avec Link Aggregation). Vous pouvez également isoler les VM sur des réseaux virtuels (VLAN).
Je ne m'attarderai pas sur tous les modes de configuration. Je vais juste vous montrer comment activer une deuxième interface de type Linux Bridge. Pour plus d'exemples, vous pouvez suivre ces liens :

http://www.yakakliker.org/Informatique/Catégorie_%3A_Virtualisation/Proxmox/Le_réseau_sous_Proxmox
https://pve.proxmox.com/wiki/Network_Model

Sous Linux, la configuration du réseau est inscrite dans le fichier /etc/network/interfaces. Il faut normalement l'éditer en ligne de commande quand on veut changer les paramètres  réseau. Mais pour les configurations simples, le paramétrage peut se faire directement dans l'interface graphique de Proxmox.

Attention ! Il est fortement conseillé d'éteindre toutes les VM  avant de modifier la configuration réseau. Il faudra de toute façon redémarrer le serveur pour appliquer les changements.

Après avoir installé votre carte réseau et redémarré le serveur, rendez vous dans l'onglet réseau du nœud, notez le nom de la nouvelle interface réseau et cliquez sur créer. Choisissez Linux Bridge.

Tapez vmbr1 pour le nom, l'adresse IP que vous souhaitez et le masque de sous réseau.

Cochez démarrage automatique et ajouter le port membre qui correspond au nom de la 2ème interface réseau.

Après validation, Proxmox affichera le contenu du fichier /etc/network/interfaces avec les modifications pour que vous puissiez le vérifier avant de redémarrer le serveur.

Pour appliquer les changements, redémarrez le serveur et retournez ensuite dans l'onglet Réseau. Vous constaterez que la 2ème interface est à présent active.


Si, après le redémarrage, vous n'arrivez plus à accéder à l'interface avec l'IP habituelle, c'est probablement que Proxmox a basculé l'accès "management" sur la nouvelle interface. Essayez alors avec l'IP que vous avez renseigné à la création de vmbr1.

Si vous avez commis une erreur, par exemple en essayant une configuration exotique, vous devrez restaurer les paramètres d'origine manuellement en éditant le fichier  /etc/network/interfaces  en ligne de commande, directement sur le serveur (prévoir un écran et un clavier), pour lui redonner cette forme (nom de l'interface réseau à adapter) :


A suivre :

Dans la prochaine partie nous verrons comment sécuriser davantage notre petit serveur Proxmox.

 

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Mise à jour le Jeudi, 17 Mai 2018 20:17