Virtualisation Domestique - Définition - Partie 2

Mercredi, 02 Mai 2018 06:00 Okimi
Imprimer
Note des utilisateurs: / 10
MauvaisTrès bien 

Dans cet article, je vais essayer de répondre aux principales questions que vous vous êtes surement posé en lisant l'introduction ( notre précédent article ).

 

Mais avant voici un petit lexique de quelques termes utilisés dans cet article :

- PC : Personal Computer

C'est un ordinateur classique, avec une partie Matériel et une partie Logiciel.

- Serveur :

C'est un ordinateur, conçu pour fonctionner 24h sur 24, dont la fonction est d'assurer un ou des services (par exemple : accès Internet, eMails, stockage de données, …) à un ou plusieurs clients (PC ou logiciel). Un serveur domestique comme celui que nous verrons dans un prochain article sera toujours plus proche d'un ordinateur de bureau que d'un serveur d'entreprise, généralement beaucoup plus puissant et beaucoup plus cher (matériel spécifique haut de gamme).

- VM : Virtual Machine ou Machine Virtuelle

C'est un ordinateur virtualisé (en gros il ne reste que la partie Logiciel).

- Hôte :

C'est le serveur qui va accueillir le logiciel de virtualisation et les machines virtuelles.

 

La virtualisation, c’est quoi au juste ?

Pour faire simple, la virtualisation permet de faire tourner en même temps sur un seul ordinateur plusieurs systèmes d’exploitation (Windows, Linux, …) et leurs applications. Elle est souvent utilisée en entreprise et couramment employée chez les hébergeurs de données.

Mais elle reste peu répandue en usage domestique, souvent méconnue du particulier ou jugée trop complexe et onéreuse.

 

Et c'est bien ça, la virtualisation ?

Regrouper sur un seul serveur plusieurs ordinateurs avec leur système d'exploitation et leurs logiciels a de nombreux avantages mais aussi quelques contraintes :

 

Avantages :

- Gain de place et économie d'énergie :

Une seule machine sera moins encombrante et souvent moins énergivore que plusieurs.

- Possibilité de tester facilement un système d'exploitation ou un logiciel sans avoir besoin d'un nouvel ordinateur et sans avoir peur de tout planter.

La virtualisation comblera tous ceux qui veulent tester la dernière version béta (en cours de développement) d'un logiciel ou d'un système d'exploitation, sans aucun risque.

- Optimisation des ressources :

Sur un ordinateur récent, la puissance du processeur est largement sous-exploitée (à moins de passer la journée et la nuit à jouer) et la mémoire souvent surdimensionnée pour un usage courant. La virtualisation permet d’utiliser ces ressources inexploitées.

- Cloisonnement des systèmes et des applications :

La virtualisation permet d'isoler les machines virtuelles entre elles et de pouvoir ainsi stopper ou redémarrer une application sans impacter les autres.

- Simplification des sauvegardes des machines virtualisées :

Il est possible de sauvegarder rapidement et automatiquement une machine virtuelle, sans devoir l'arrêter.

- Facilité et rapidité de restauration d'une machine à partir d'une sauvegarde.

- Déplacement possible d'une machine virtuelle d'un serveur à un autre.

Une machine virtuelle n'étant pas dépendante de la configuration matérielle du serveur de virtualisation, il est facile de la déplacer ou de la dupliquer.

- Evolution matérielle simplifiée et optimisée :

Besoin de plus de puissance ? Il ne faut que quelques minutes pour déplacer les machines virtuelles sur un nouveau serveur sans être obligé de les reconfigurer une par une (très utile en entreprise).

 

Contraintes :

- Panne du serveur ou du disque dur principal :

Si le serveur lui-même ou juste son disque principal tombent en panne, c'est toutes les machines virtuelles qui plantent ensemble.
Il est cependant possible de pallier à ce problème en mettant en place une redondance de serveur (un 2ème serveur va prendre le relais en cas de panne du premier serveur). C'est ce que l'on appelle un Cluster.
Les images disques des machines virtuelles peuvent également être stockées sur un groupe de disques en RAID 1, 5, 6 ou 10 (si un disque tombe en panne, le ou les autres disques continuent d'assurer la fonction de stockage du groupe).

- Répartition des ressources :

Si le serveur est sous-dimensionné et qu'une machine virtuelle se met à saturer le processeur, les autres machines peuvent s'en trouver ralenties.

- Coût financier : à relativiser selon le nombre de machine à virtualiser et leur puissance.

En entreprise, plus il y aura de machines à virtualiser, plus il faudra un serveur puissant nécessitant plusieurs processeurs multi-cores et une grosse quantité de mémoire et de stockage. Il faudra utiliser alors du matériel professionnel souvent excessivement cher.
Pour un particulier dont les besoins sont normalement plus faibles, un ordinateur grand public récent peut suffire, voir même un ordinateur de récupération.

 

Et comment ça marche au juste ?

Il y a deux principales façons de virtualiser un ordinateur

L’émulateur :

C’est un logiciel de virtualisation que l’on installe comme n’importe quel autre logiciel sur un ordinateur déjà équipé d’un système d’exploitation comme Windows, Linux ou Mac OS.

Les plus connus sont Oracle VM Virtualbox, VMware Workstation et Microsoft Hyper-V.

L’inconvénient majeur d’un émulateur est sa dépendance au système d’exploitation sur lequel il est installé et par conséquent ses performances souvent médiocres.

 

Exemple :

Vous souhaitez créer une machine virtuelle Windows 7 sur votre ordinateur équipé de 4 Go de mémoire vive (RAM) et tournant sur Windows 10 pour pouvoir utiliser un ancien logiciel non supporté par Windows 10.
Pour cela vous allez installer un logiciel émulateur comme VirtualBox et créer votre VM.
Si vous en doutiez encore, vous allez vite constater que Windows est gourmand en mémoire et en ressources processeur. Sur les 4 Go de RAM disponibles au départ sur votre PC, il ne va pas en rester beaucoup plus de 2 Go pour votre machine virtuelle Windows 7.
En pratique votre Windows 7 va être très mou et ça va vite vous énerver !

 

L’hyperviseur :

L’hyperviseur est un système d’exploitation léger spécialisé dans la virtualisation. Les plus connus sont VMware VSphère Hyperviseur (ESXI), Proxmox VE, Citrix Xen Server, Microsoft Hyper-V Server.

Peu gourmand en ressources et installé au plus près de la partie matériel de l’ordinateur, un hyperviseur est plus performant qu’un émulateur.

 

Exemple :

Reprenons notre exemple précédent avec un ordinateur équipé de 4 Go de RAM. Vous allez installer un Hyperviseur comme Proxmox VE (on verra comment dans un futur article) et créer une machine virtuelle Windows 7. Proxmox est très léger et occupera moins de 3 Go sur le disque dur. Il utilisera pour lui-même moins de 800 Mo de mémoire vive et moins de 1% de la puissance du processeur. Il va donc vous rester plus de 3 Go pour votre VM Windows 7 et pratiquement toutes les ressources du processeur. C'est le jour et la nuit !

 

Pour ceux qui ont eu le courage de lire cet article jusqu'au bout, je vais quand même vous parler d'un troisième mode de virtualisation, ou plus exactement para-virtualisation.

 

L’isolateur :

L'isolateur est un logiciel qui permet de créer des "conteneurs". Le plus connu est Docker. Contrairement à l'émulateur ou l'hyperviseur qui nécessitent d'installer dans chaque machine virtuelle un système d'exploitation complet, l'isolateur va utiliser une partie du système d'exploitation de l'hôte (l'ordinateur) pour faire tourner chaque VM comme une simple application, isolée des autres processus de l'ordinateur. Il en résulte un gain de place et de performances.

Par contre, de part sa dépendance au système hôte, un système "conteneurisé" est moins sécurisé qu'une machine entièrement virtualisée, s'il est attaqué par un virus ou un pirate.

 

A suivre :

Dans un prochain article, je vous parlerai du matériel minimum requis et celui recommandé pour faire de la virtualisation à petit budget et je vous présenterai le serveur basse consommation que j'ai monté de mes petites mains.

 

NOUVEAU : Retrouvez nos articles en Vidéos sur YouTube

Mise à jour le Mercredi, 02 Mai 2018 19:24