Virtualisation Domestique – Tutoriel Proxmox – Partie 5

Mardi, 15 Mai 2018 06:00 Okimi
Imprimer
Note des utilisateurs: / 10
MauvaisTrès bien 

Après le chapitre sur la virtualisation et celui sur le choix du matériel, nous allons enfin passer à la pratique avec ce tutoriel d'installation de Proxmox VE 5.1.

 

Il va vous falloir une clé USB de 1 Go minimum et bien sur un ordinateur équipé d'un processeur compatible virtualisation (voir précédent chapitre), d'au moins 2 Go de RAM et un disque rapide de 32 Go minimum, de préférence SSD. Attention c'est une configuration minimale qui vous limitera à 2 ou 3 machines virtuelles Linux actives simultanément. Un CPU 4  cœurs à 2 Ghz avec 8 Go de RAM et un SSD de 180 Go mini (ah tiens, c'est ma config perso …) vous permettra de faire tourner une VM Windows et quelques VM Linux sans problème.

Pour commencer téléchargez le fichier ISO d'installation de Proxmox VE sur cette page : https://www.proxmox.com/en/downloads

Puis récupérez l'utilitaire Etcher (fonctionne sous Windows) qui servira à transférer l'image ISO sur la clé USB : https://etcher.io
Si vous êtes sous Linux ou Mac, je vous invite à suivre la procédure d'installation ici : https://pve.proxmox.com/wiki/Install_from_USB_Stick

Une fois le fichier d'installation d'Etcher récupéré, installez le logiciel et exécutez-le. Sélectionnez l'image ISO de Proxmox et suivez les instructions de Etcher (il n'y a que 3 étapes en tout)


Une fois l'image transférée sur la clé USB, nous allons pouvoir commencer l'installation de Proxmox sur le serveur. A noter qu'il existe d'autres modes d'installation, notamment sur une distribution Linux Debian 9 (Stretch) déjà installée (voir la documentation sur le wiki ici : https://pve.proxmox.com/wiki/Installation )


Installation de Proxmox VE 5.1

Connectez la clé USB à votre futur serveur de virtualisation et démarrez-le. Si la clé est bien reconnue en tant que périphérique de boot (UEFI) dans le Bios, vous devriez arriver sur cette page :

Si ce n'est pas le cas, redémarrez le serveur et accédez au Bios (généralement en tapant plusieurs fois sur la touche F2 ou Suppr dés l'allumage), et rendez-vous dans le menu Boot pour placer votre clé USB en tête des périphériques de boot (avant le disque dur).

Choisissez la première ligne Install Proxmox VE puis, à la page suivante, validez la licence AGPL. Vous arrivez ensuite sur cette page :

C'est ici que tout se joue, et plus particulièrement derrière le bouton Options que l'on rate généralement lors de la première installation. Derrière se cache la possibilité de personnaliser le partitionnement du disque dur, c'est-à-dire les différents espaces de stockage qui seront utilisés par Proxmox et les machines virtuelles.

Proxmox utilise le gestionnaire de volumes logiques LVM (https://doc.ubuntu-fr.org/lvm) en version 2 (LVM-Thin) pour créer 3 volumes sur le disque dur : Root, Swap et Data.

Si vous sautez cette étape, Proxmox dimensionnera tout seul ces volumes en utilisant un pourcentage de l'espace disque total. Généralement sur de petits disques, il y a beaucoup d'espace assigné au volume Root (la zone où se situent les fichiers système de Proxmox et éventuellement les sauvegardes) et il ne reste pas grand chose pour le volume Data (appelé local-lvm dans Proxmox), réservé aux disques des machines virtuelles.

En cliquant sur le bouton Options vous allez devoir renseigner 4 cellules et très vite vous allez vous poser la question : je mets quoi comme valeur ?

Filesystem (système de fichiers) : laissez ext4

Hdsize : Par defaut, c'est la taille totale du disque où sera installé Proxmox. Si votre disque fait plus de 400 Go, vous pouvez en garder une partie pour créer ultérieurement une partition de stockage partagée en NFS ou Samba.

Swapsize : c'est un espace très peu utilisé par le système sauf quand la mémoire vive arrive à saturation, ce qui ne devrait jamais arriver si vous dimensionnez bien vos VM. Proxmox recommande un minimum de 4 Go et un maximum de 8 Go. Personnellement je réserve 2 ou 3 Go car je n'ai jamais dépassé 512 Mo d'occupation sur mon serveur et je préfère utiliser ces précieux Go pour le stockage des machines virtuelles.

Maxroot : c'est l'espace réservé au système (volume Root) mais également au stockage des images ISO d'installation et des sauvegardes Snapshot (le dossier de stockage local que nous verrons un peu plus loin). Si vous n'avez pas de NAS ou de disque externe sur lequel vous pourrez faire les sauvegardes des VM, il vaut mieux réserver au moins 30 Go (maxi 25% de Hdsize). Mais si vous n'avez qu'un petit SSD à dédier à Proxmox, il ne va rien vous rester pour créer les VM. Sachez qu'une fois installé, le système occupe environ 2.5 Go sur le volume Root. Au prix du Gigaoctet sur un SSD, je préfère stocker les images ISO d'installation et les sauvegardes sur mon NAS ou un disque externe (elles ne servent que très rarement) et garder de l'espace pour les images disque des machines virtuelles.

Minfree : c'est de l'espace réservé par le système sur la partition LVM-Thin principale. Il est recommandé de mettre comme valeur un huitième (1/8) de la taille du disque si hdsize est inférieur à 128 Go et 16 Go pour les disques de capacité supérieure.

Maxvz : c'est l'espace qui restera pour le volume Data (local-lvm). Il n'est pas utile de renseigner la valeur. Proxmox la déduira tout seul, comme un grand (maxvz = hdsize – swapsize – maxroot – minfree)

Je vous ai préparé un petit tableau récapitulatif des valeurs que je conseillerais suivant la taille du disque utilisé, en considérant que jusqu'à 200 Go, on ne stockera en permanence que très peu d'images ISO sur le volume Root (local) et que les sauvegardes seront réalisées sur un NAS. Au-delà, j'estime que l'on peut se permettre de redonner de l'espace au volume Root pour y faire quelques sauvegardes locales, plus rapides que sur un espace de stockage distant comme un NAS. Mais libre à vous de gérer cet espace à votre guise.

Sachez cependant qu'il est possible de redimensionner les volumes avec la commande lvresize, même si le serveur fonctionne, à condition d'avoir suffisamment d'espace libre.

Une fois les options disque complétées et validées, passez à l'écran suivant et réglez le pays, le fuseau horaire (time zone) et la langue


Ensuite renseignez un mot de passe (ce sera celui du compte superutilisateur root) et une adresse mail pour pouvoir recevoir des alertes de Proxmox.


A l'étape suivante, il faut renseigner le nom du serveur (Hostname) et les paramètres réseau. Hostname est du type nom + domaine. Seule la première partie du nom sera visible dans l'interface de Proxmox (NF9A-Q67 dans l'exemple ci-dessous). Personnellement j'utilise comme nom le modèle de la carte mère de l'hôte et le nom du fabriquant.


Après validation, le programme d'installation va créer les partitions et copier les fichiers du système de Proxmox. Une fois terminé, vous arrivez sur cet écran :


Il ne reste plus qu'à retirer la clé USB et redémarrer le serveur qui doit lancer Proxmox et vous indiquer l'adresse IP de connexion de l'interface de gestion (à taper sur n'importe quel navigateur Web depuis votre PC, tablette ou Smartphone). Dans l'exemple ci-dessus, l'adresse est https://192.168.1.53:8006

A suivre :

Dans la prochaine partie nous découvrirons l'interface de gestion de  Proxmox et quelques réglages de base.

 

NOUVEAU : Retrouvez nos articles en Vidéos sur YouTube

Mise à jour le Dimanche, 27 Mai 2018 10:21